Surpêche : État des lieux  

La pêche tue de manière directe des animaux marins. Lorsqu’elle est pratiquée avec une trop grande intensité, les individus restant n’ont pas le temps de se reproduire suffisamment pour compenser les pertes liées à la pêche. [39]

Aujourd’hui, avec 33,1% des stocks ichtyologiques qui sont surexploités [38], l’homme est à l’origine d’une surpêche à échelle mondiale. Cette surpêche menace fortement et directement la biodiversité marine, et perturbe fortement l’équilibre des écosystèmes marins. Ces derniers sont de surcroît menacés par le dérèglement climatique, la pollution des eaux et les déchets plastiques.[38]

 

Par ailleurs, plus de 3 milliards de personnes dépendent de la biodiversité marine et côtière pour leur subsistance. [38]

   Surpêche : Ampleur du phénomène  

Effort de pêche marine entre décembre 2017 et mai 2018  [41]

Carte tirée issue de Global Fishing Watch, http://globalfishingwatch.org/map/

La carte ci-dessus permet d'identifier les zones les plus pêchées, et montre aussi les zones où la pêche est restreinte - délimitées en orange - ou interdite - délimitées en rouge - .

~80Mt

de prises sont annoncées par la FAO pour l'année 2010

[38]

~100Mt

auraient en réalité été

tuées

[42]

~10%

(en masse)

des prises ont été rejetées mortes en 2010

[42]

Attention, les chiffres de prises indiqués par la FAO ne retranscrivent pas toujours fidèlement la réalité. Ces chiffres sont donnés volontairement par les états membres. Les prises dues à la pêche locale sont sous-estimées, la pêche illégale n'est pas prise en compte, et les "prises accessoires rejetées" (discarded bycatch en anglais) non plus.[42] Ces dernières comptent pour environ 10% de la masse totale de prises, et contribuent donc largement au dépeuplement des océans.[42]

Depuis 1974, de moins en moins de stocks sont exploités à un niveau durable. En 2015, plus de 50% des stocks situés en Méditerranée, en Mer Noire, dans le Sud-Est du Pacifique et le Sud-Ouest de l'Atlantique étaient surexploités. De plus, une proportion croissante des stocks sont exploités au niveau durable maximal.[38]

 

La conclusion est simple : si nous ne voulons pas transformer nos océans en déserts aquatiques, il est impératif de pêcher beaucoup moins, et mieux.

NB : C'est une condition nécessaire, mais non suffisante pour la survie des écosystèmes marins. Renseignez-vous sur l'acidification des océans pour en savoir plus.

La descente dans la chaîne alimentaire

Lorsque nous commençons à pêcher dans un nouveau stock, ce sont d'abord les poissons les plus gros qui sont visés. Une fois

leur population quasi-éteinte, les mailles des filets se réduisent, pour pouvoir attraper les individus plus jeunes d'une même espèce, ou des autres espèces plus petites. Ce faisant, on descend progressivement dans la chaîne alimentaire et dans la pyramide d'âge, en empêchant la reconstitution des stocks de poissons plus gros. Malheureusement, chez certaines espèces, les individus âgés se reproduisent beaucoup mieux que les individus jeunes. En ne laissant pas le temps aux jeunes individus d'atteindre leurs capacités de reproduction maximales, voire en ne leur laissant pas le temps d'atteindre l'âge de la reproduction, on accélère d'autant plus l'épuisement du stock de poissons.[47, 48, 51]

Pour en savoir plus : Regardez le documentaire Troubled Waters (47min) de Matthew Judge et Robert Drane, notamment à partir de 8 min 54s.

   Les réserves  

Les Objectifs d'Aichi sur la Biodiversité visent à ce que, d'ici à 2020, 10% des zones marines côtières soient protégées. A l'heure actuelle, les réserves marines ne couvrent que 3,7% de la surface océanique.[45, 52] Certains scientifiques soutiennent qu'il est nécessaire de protéger totalement entre 20 et 30% de la surface océanique.[47] De plus, la surface protégée n'est pas un critère suffisant en soi, et les scientifiques doutent de la pertinence des indicateurs de progrès actuels.[45] La carte ci-dessous montre toutes les zones maritimes protégées, sans tenir compte du degré de protection.[52]

Idée reçue : "Les requins ça mange plein de gens"

Les requins ne mangent pas les êtres humains. Ils mordent pour se défendre ou par curiosité [50] (ce qui n'empêche pas la personne mordue de faire une belle hémorragie, on vous l'accorde). Quand on jette un rapide coup d’œil aux statistiques [50], on se rend compte que les requins ne sont pas une menace significative pour l'homme (alors que l'homme est une menace significative pour le requin). En fait, quand on étudie les décès suite aux attaques de requins, on réalise qu'on a plus de chances de mourir en jouant au golf.[49] Paul Watson vous détaille ce propos dans cette interview.

Pour en savoir plus sur les symptômes de la surpêche :

  • En 5 minutes : #DATAGUEULE 27 : Quand la surpêche, les poissons coulent.

  • En 30 minutes et plus :

   La suite